Poèmes et textes d'élèves

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  • Triste Hiver

    Publié le vendredi 9 mai 2014 15:10 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 12:35

     Dans un hiver brûlant

    Lui et toi

    Parliez à n'en plus pouvoir

    Et tu ne te rendais pas compte

    Que tu tombais peu à peu amoureuse

     

    Deux jeunes personnes

    Comme tous les personnes âgées de demain

    Encore lui, encore toi

    Marchaient le long de la digue

    Tel un couple triste

     

    Le temps te donnait froid

    Il te prêtait sa veste

    Lui avait froid aussi

    Mais il s'en fichait

    Du moment que tu étais heureuse

     

    Ton reflet dans la glace

    Le réchauffait malgré le froid

    C’était le bon temps

    Où rien ne vous séparait

    Le passé

    Céline DEBRUYNE

     

     

     

     

     

  • Sève pour sève

    Publié le jeudi 15 mai 2014 21:43 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 12:33

    Un bruyant voisin amoureux

    Jetait des timbres magnifiques dans une cabane.

    La voisine, 

    Un être irrécupérable et fermé à clef,

    Bloquée par les branches de son coeur

    Heureusement la terre l'étouffe encore,

    La sève coule entre ses entrailles,

    Coupant son tronc, broyant ses racines.

    Le voisin fou part dans ses délires de bourgeon

    Affolé avec son sac scintillant, sa trousse d'or

    Et son crayon mâchouillé.

    Dans sa cabane, une chauffeuse folle l'accompagne.

    Pourrissant les bois.

    La forêt, rouge de tous ces souvenirs.

    Un fossé entre le sol et sa chaise se crée.

    Il goutte, il attire les insectes,

    Rampant délicatement vers lui

    Pour le déguster soigneusement 

    Avec énormément de classe et d'éducation.

    Son odeur infecte séduit sa chère voisine, 

    Le sale boulot l'appelle.

    La foule regarde le massacre.

    Le téléphone sonne.

    Une larve décroche.

    Tamara Timmerman

  • Souvenirs disparus

    Publié le vendredi 9 mai 2014 14:08 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 12:32

    Toutes pour une

    Souvenirs disparus

    Elle me dit quand le temps est passé

    De la connaître de nous connaître

     

    Mène-moi par la main

    Vers d'autres femmes que moi

    Vers des naissances plus banales

    Au vif de la ressemblance

    A la certitude d'être

     

    Ne suis-je pas toujours seconde

    Ou la dernière ai-je les yeux

    Moins absents que cette enfant laide

    Mon cœur est-il plus invisible

    Mes mains sont-elles moins timides

     

    Mène-moi vers la vie

    Au-delà de la grille basse

    Qui me sépare de moi-même

    Qui divise tout sauf mes cendres

    Sauf la terreur que j'ai de moi

     

     

    J'ai perdu espoir depuis que ton regard ne me frôle plus

    Tu es pourtant à quelques pas...Alors pourquoi tu ne bouges pas ?

     

    Je veux m'envoler, m'enfuir en courant

    Tu n'es pas là, plus là...En même temps que toi,

    J'ai perdu ma confiance en moi

    Mon rêve est futile et pourtant si utile

    Je dépends de toi pour exister

     

    Tu m'as aidé à traverser un gouffre,

    Mais tu y as dérapé et sans te rattraper,

    Tu t'es laissée tomber

    Si je n'avais pas fait tomber cette grille,

    Peut-être aurais-tu pu l'utiliser, cette rambarde

     

    Je ne suis plus terrifié par moi mais je suis seul,

    Séparé, non plus en deux mais en une infinité de morceaux

    Tu tenais mon cœur dans tes bras

    Il a explosé dans ta chute et mon malheur

    Je te connais...te connaissais

     

    Paul Eluard, 1938                                  Elisa  Degobert

                      

  • Moscou

    Publié le lundi 19 mai 2014 14:03 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 12:30

    Pierre fendre

    Moscou

    Jours d’hiver Copeaux
    Mon ami les yeux rouges
    Suit l’enterrement Glace
    Je suis jaloux du mort

    Les gens tombent comme des mouches
    On me dit tout bas que j’ai tort
    Soleil bleu Lèvres gercées Peur
    Je parcours les rues sans penser à mal
    avec l’image du poète et l’ombre du trappeur

    On m’offre des fêtes
    des oranges
    Mes dents Frissons Fièvre Idée fixe
    Tous les braseros à la foire à la ferraille
    Il ne me reste plus qu’à mourir de froid
    en public

    Louis Aragon

    Gelée imprévue glaçage fade
    solitude hivernale coccyx brisé
    comme les pare-brises des monticules
    blancs mobiles

    la rue sombre et froide des tunnels vides
    laisse des fièvres ambulantes errer dans le quartier
    faces rouges-bleutées affamées
    récupérant le denier dès l'aube

    licenciées sans dossier pistonné
    par l'homme chaud poilu
    somnolence en tube
    pas de maison, sans raison

    laisse la rue les emporter,
    rouge comme la place.

     

    Gauthier Dumoulin

     

     

  • Les espaces de l'espoir.

    Publié le mercredi 14 mai 2014 17:36 - Mis à jour le mardi 20 mai 2014 12:28

    Les espaces du sommeil

    Les espaces de l'espoir

    Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde et la grandeur et le tragique et le charme.

    Les forêts s'y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.

    Il y a toi.

    Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l'assassin et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et celle de la lanterne du chiffonnier.

    Il y a toi.

    Un air de piano, un éclat de voix.

    Une porte claque. Une horloge.

    Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.

    Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.

    Il y a toi l'immolée, toi que j'attends. .

    Robert Desnos

    Dans le ciel il y a naturellement cette infinité de constellations et l'immensité et la beauté et l'étrange.

    Les roches s'y heurtent confusément avec des êtres inconnus cachés dans les vallées.

    Il y a lui.

    Dans le ciel il y a la danse de cette lueur et celle de l'étincelante et celle du voeu qui fuse et le flou du soir et celui de l'aurore.

    Il y a lui.

    Un souffle d'air, un bruit de vent.

    Un rideau se baisse. Une cloche.

    Et pas seulement les pluies et les vents et les bruits réels.

    Mais encore moi qui m'abandonne et sans cesse m'échappe.

    Il y a lui le rêveur, lui que j'attends.

    Sandra Meloni