Poèmes et textes d'élèves

Ce ne sont pas des mains mais des lèvres

Publié le vendredi 9 mai 2014 14:26 - Mis à jour le mardi 13 mai 2014 15:32

Ce ne sont pas des mains de géants 

Ce ne sont pas des mains mais des lèvres 

Ce ne sont pas mains de géants

Ce ne sont pas mains de génies

Qui ont forgé nos chaînes ni le crime

 

Ce sont des mains habituées à elles-mêmes

Vides d’amour vides du monde

Le commun des mortels ne les a pas serrées

 

Elles sont devenues aveugles étrangères

À tout ce qui n’est pas bêtement une proie

Leur plaisir s’assimile au feu nu du désert

 

Leurs dix doigts multiplient des zéros dans des comptes

Qui ne mènent à rien qu’au fin fond des faillites

Et leur habileté les comble de néant

 

Ces mains sont à la poupe au lieu d’être à la proue

Au crépuscule au lieu d’être à l’aube éclatante

Et divisant l’élan annulent tout espoir

 

Ce ne sont que des mains condamnées de tout temps

Par la foule joyeuse qui descend du jour

Où chacun pourrait être juste à tout jamais

 

Et rire de savoir qu’il n’est pas seul sur terre

À vouloir se conduire en vertu de ses frères

Pour un bonheur unique où rire est une loi

 

Il faut entre nos mains qui sont les plus nombreuses

Broyer la mort idiote abolir les mystères

Construire la raison de naître et vivre heureux.

 

                                             Paul Eluard

Ce ne sont pas mains qui ont volé les poumons de leur air

Ce ne sont pas mains qui ont transpercé ces cœurs

Ce sont des lèvres qui d'une brise glaciale ont ôté tout désir

 

Rattachées à un visage hâlé et trompeur

Elles ont répandu la discorde

Par leur liberté de parole

 

Ce sont des lèvres rosées et juvéniles

Qui lorsqu'elles s'étirent,

Dévoilent un souvenir douloureux

 

Elles croient tromper le commun des mortels par leur charme

Mais le rouge carmin à leurs commissures

Témoignent de leurs cris et souffrances passées

 

Ce sont des lèvres rebelles et réprimées

Qui bien que possédant un rictus cicatrisé

Inspirent confiance

Ce sont des lèvres expressives

Qui parlent d'elles-même

À la fois par liberté et censure

 

Elles marchent sur du rouge

Mais restent dans le noir

Associées à une personne qu'elles ne sont pas

 

Ces lèvres pleurent d'espoir

Angoissent au regard d'un monde corrompu

Qu'elles ne peuvent comprendre pleinement

 

Et rire de savoir qu’il n’est pas seul sur terre

Ce sont des lèvres qui mâchent sans prendre goût

Ce sont des lèvres qui rient sans joie

 

Ce sont des lèvres qui semblent et paraissent

Mais ces lèvres entre les miennes

Prennent vie sans jugement

Mais par consolation

Mélissa Charbili

 

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